« Après une Fugue en ut de Wilhelm Friedemann Bach (le premier fils), nous retrouvons le père pour le Ricercare a tre voci du Musikalische Opfer, dans une interprétation secrètement respirée, de grande tenue. Avec une maestria médusante, Maude Gratton se lance ensuite dans l’exécution fiévreuse de la Polonaise en fa majeur Fk.12/10 de l’héritier, enchainée à la fort belle Fantaisie en ré mineur Fk.19. »

« C’est peu dire que le jeu de Maude Gratton rend justice à cette écriture : en faisant entendre chacune des voix dans leur indépendance, mais aussi dans leur interdépendance, puisque les jeux d’imitation sont rendus à la perfection. La jeune claveciniste, dotée d’une technique irréprochable, est parvenue à rendre audible « à l’oreille nue » l’omniprésence du thème royal ainsi que la structure complexe des canons et fugues successifs. »

« It is a Bach tour-de-force, and was equally a Gratton tour-de-force : just when one thought neither Bach nor Gratton could sustain any more fevered writing and playing, Bach would step it up again and Gratton was right there with him ! (…) Maude Gratton is a precise and forceful player, who perfectly paired her program to the Music House instrument. »

« Le concert consacre le superbe instrument du temple et trouve en Maude Gratton une interprète admirable de précision. Saisi à bras le corps, le clavier transcende deux pièces pour orgue puissamment structurées, sur lesquelles le fils de Jean-Sébastien, Wilhelm-Fridemann, a sans doute parfait son éducation. (…) Loin de ce registre sévère, Maude Gratton allume un grand brasier dans la fantaisie et fugue BWV 542. Les traits fulgurants, sur des pédales tenues, alternent avec d’énormes accords et projettent l’ombre d’un labyrinthe harmonique dont l’interprète révèle la claire scansion de ses sections. »

« C’est la toccata en ut mineur pour clavecin, insérée entre deux sonates, qui permet à la jeune et talentueuse claveciniste Maude Gratton de démontrer avec éclat à quel point elle mérite les récompenses qu’elle a reçu à ses débuts; la jeune femme, géniale ambassadrice de la période baroque se régale visiblement avec cette oeuvre qu’elle interprète simplement, sans complexes. »

« Maude Gratton sait comment présenter le discours musical, le mettre en lumière et en révéler le moindre détail, témoigner de ce qu’il faut de rigueur tout en profitant de la moindre occasion pour susciter l’attention, surprendre avec bon goût et enfin, nimber le tout d’une poésie sans limite. »

« Maude Gratton avait été sous les chandelles l’an dernier la partenaire remarquée de David Grimal. Son retour, sur un clavecin tout frais et d’une magnifique plénitude, signé Philippe Humeau, a valu la redécouverte éblouie d’une oeuvre restée rare. Rien ne fait peur aux intrépides vingt-cinq ans de la jeune interprète, stupéfiante d’aisance et de maturité. L’univers tourmenté de Wilhelm Friedemann y est visité dans la versatilité de ses visages tout autant que dans un mouvement d’ensemble qui en résout les contradictions et en restitue la vie. »

« Il est des artistes familiers du Festival qui laissent le soin à leur jeu d’exprimer tout leur talent. Tel est le cas de Maude Gratton, discrète personne, mais dont les prestations à Saintes depuis trois ans ne sont nullement passées inaperçues. Les festivaliers se souviennent, lors d’un récital l’été  dernier, d’une formidable interprétation d’une Fantaisie de Mozart à l’orgue historique de la cathédrale Saint-Pierre. »